Rayman de Bergerac

Ah ! Non ! C’est un peu court, Globox!
Tout le monde le voit, sur PS, sur Xbox…
Vous ne dites rien, mais certes vous le pensez!
Voyant mon visage vous dites : Dieu! Ce nez!
J’ai pas de bras, une posture ridicule,
Pas de cou ni de cul, pas même un testicule!
Mais ce qui choque plus dans mon corps démembré,
C’est ce tarin énorme au teint pâle et ambré.
Vous faites, sur lui, des blagues de toutes sortes,
Vos moqueries me suivent, fidèles escortes !
.
J’assume cette chose dessus mon menton!
Mais pour vos boutades, variez donc le ton!
Agressif : « Oh ! Si l’aventure vous emporte,
Pouvez-vous, au moins, de chez vous passer la porte?»
Amical : « Ami, avant toute liturgie,
Avez-vous au moins songé à la chirurgie ?»
.
Descriptif : « Il est gros ! Il est gras ! Il est moche!
Quelle épopée doit être une simple galoche !»
Curieux : « Si me vient l’envie d’appuyer dessus,
Va-t-il se dégonfler en un râle diffus ?»
.
Gracieux : « Vous arrive-t-il que des oiseaux,
Voyant depuis le ciel ce tarin de gros bœuf,
Vous couvent la face, croyant y voir un œuf ?»
Truculent : « Oh Poto! Ton zen, il est si gros,
Qu’il doit plus consommer que les vieilles Mercos.
Il est long comme un train, et fat comme un airbus!»
Prévenant : « Mon grand-père, porteur de gibus,
Avait semblable nez… Il est tombé dedans.»
Ou tendre : « Il est si gros, gare aux prochains décans,
Car pareille surface est propice à l’œdème…»
.
Pédant : « Je voulais de ce nez faire un poème,
Je voulais tout y dire, et ne rien y omettre.
Hélas ! Notre alphabet n’a pas assez de lettres !»
Dramatique : « Ce truc est plus gros qu’un Ronflex ! »
Admiratif : « Il est plus grand que mon duplex !»
.
Lyrique : « Las! vieillesse le fera forcir. »
Naïf : « C’est une patate ? Peut-on la farcir ?»
Conteur : « Mais me mentirais-tu Pinocchio ?»
Bailleur : « Bel espace, vous êtres proprio ?»
Pragmatique : « Le ménage est libérateur:
Il suffit d’inspirer; adieu l’aspirateur!»
.
Et enfin parodiant Booba sur ce thème :
« Si tu as un gros nez, tu as tout ce que j’aime.»
– Voilà ce qu’on pourrait faire comme boutade
Mieux que le comparer au séant d’une pintade.
.
Mais je les entends : Sonic, Ezio, Lara,
Jak, Daxter, Sly, Crash, tout ce groupe qui narra
De laides histoires sur mon nez et sur moi
Qui me mirent âme en peine et cœur en émoi…
.
Tu as raison, Globox, c’est rien que des bâtards,
Et ils paieront un jour, que ce soit tôt ou tard.
De leurs mesquinerie, je ne garde grief,
Ce nez donne à ma face un bien charmant relief.
J’avance sans oreille pour leurs moqueries,
Fier et heureux, étranger aux coquetteries.
.
Un jour peut-être trouverai-je une compagne,
Pourvue d’un joli nez, fier comme une montagne.
Enfin, grand bien me fasse, aveugle est maître Amour,
Et je le quiers serein, en redoublant d’humour.

En attendant, je traîne mon cœur assoiffé
Me consolant d’un rien: au moins suis-je bien coiffé.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.